Entités qui nous soutiennent.

Les relations académiques et scientifiques que la Colombie entretient avec la France sont certes anciennes et très dynamiques mais elles se sont nettement renforcées et diversifiées au cours de la dernière décennie. Si cette collaboration franco-colombienne a surtout concerné traditionnellement la promotion de la langue et de la culture française, le droit public et privé, ainsi que les sciences humaines et sociales, la coopération dans les domaines de l’agriculture, l’ingénierie, la pédagogie, les formations techniques et la gestion des entreprises et des administrations s’est fortement développée au cours des dernières années, à la faveur des récents engagements pris par les deux pays face aux défis communs (processus de paix, changement climatique, développement rural et urbain, mobilité, transformation numérique, innovation et compétitivité).

Les saisons croisées France-Colombie n’ont fait que confirmer tout au long de l’année 2017 la richesse et le dynamisme de cette coopération bilatérale. L’année 2017 a permis d’établir un bilan exhaustif de la coopération entre les deux pays ainsi qu’un diagnostic des principaux obstacles dans le but de trouver de nouvelles formes de collaboration, concrètes et innovantes.

Les lycées français de Bogota, Cali, Pereira et Medellin, qui comptent plus de 4 000 étudiants,  constituent des centres d’excellence, tout comme en témoignent les résultats de leurs diplômés qui intègrent les meilleures universités en Colombie et à l’étranger. Ces établissements d’enseignement ne promeuvent pas seulement des modèles pédagogiques efficaces et novateurs, mais ils sont également devenus des agents importants de la vie intellectuelle et culturelle, ainsi que du développement local. Cependant, ils sont confrontés à une demande d’inscriptions de plus en plus importante et difficile à satisfaire, en particulier à Bogota, où la possibilité d’ouvrir un nouveau lycée au nord de la ville est à l’étude. Parallèlement, le gouvernement français promeut en Colombie une nouvelle certification, le « LabelFrancÉducation », visant à soutenir les établissements scolaires colombiens qui souhaitent mettre en œuvre des projets éducatifs de qualité en relation avec la langue et la culture françaises (échanges scolaires, formation des enseignants, ressources numériques, rencontres artistiques et scientifiques).

La coopération pédagogique dans l’enseignement primaire et secondaire s’exerce également en liaison avec le milieu universitaire, notamment dans les domaines de l’enseignement des langues, des sciences fondamentales et de l’éducation virtuelle. On peut citer par exemple, pour les dernières années : le programme « Jeunes Scientifiques » (« Main à la pâte ») animé par l’Université de los Andes ; le Sommet de la Francophonie (2017) ; la rencontre des professeurs de français d’Amérique latine « SEDIFRALE » (2018) organisée avec l’Université Javeriana ; les séminaires de formation pour professeurs de mathématiques, organisés avec l’Université Nacional de Bogota et Manizales (2013-2018), l’Université technologique du Choco (2017) et l’Université Magdalena (2017). En février 2018, l’Inspecteur général des Mathématiques de l’Éducation nationale, Charles Torossian, a été envoyé spécialement par le ministre français de l’Education, Jean Michel Blanquer, pour participer à un forum régional sur l’enseignement des mathématiques, organisé par l’Université Pedagógica Nacional. En mai 2018, en partenariat avec les universités de Bucaramanga, un colloque franco-colombien sur l’enseignement virtuel a été organisé à l’Université Autónoma de Bucaramanga (UNAB).

Ces partenariats peuvent être étendus, notamment à travers le réseau français des 33 ÉSPÉ (Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation) où sont formés tous les enseignants de l’éducation primaire française, ainsi qu’à travers l’Institut Français de l’Éducation (IFÉ) et les ministères français de l’Éducation et de l’Agriculture (éducation rurale).

La promotion de l’enseignement du français en Colombie n’est pas seulement un effort de diffusion de la langue et de la culture française ; il s’agit avant tout d’un outil précieux pour renforcer et développer les échanges bilatéraux auprès d’un large éventail de secteurs, notamment le domaine de l’éducation.

Bien que l’anglais – ainsi que les mathématiques et l’informatique – soit devenu aujourd’hui une langue universelle, il n’est ni exclusif ni suffisant pour faciliter l’accès au savoir et à l’internationalisation des programmes et d’institutions éducatives. Il convient de noter, par exemple, que seulement 25,3% des internautes dans le monde sont anglophones, et que dans la plupart des pays de l’OCDE, l’utilisation de 2 ou 3 langues étrangères est indispensable pour obtenir un diplôme universitaire ou accéder à un marché du travail hautement qualifié.

Actuellement la législation colombienne ne prévoit que l’enseignement d’une langue étrangère dans le système public. Cette situation contribue à creuser l’écart entre les étudiants appartenant à des couches sociales différentes ou à des zones urbaines et rurales différentes.

Le nombre de Colombiens qui apprennent le français se situe entre 50 et 100 000. La plupart d’entre eux apprennent la langue dans des établissements privés. En revanche, le nombre d’étudiants qui apprennent l’espagnol en France est supérieur à 2,5 millions.

Avec plus de 20 000 étudiants en Colombie et 175 000 spectateurs en 2017, le réseau des 12 Alliances franco-colombiennes constitue le 5è plus importante au monde. Ces dernières années, son rôle a été très déterminant dans le développement de la mobilité des étudiants vers la France et vers d’autres pays francophones. Ce réseau a été un grand allié des universités colombiennes dans leurs processus d’internationalisation et d’accréditation de haute qualité. À travers le programme Réseau d’Excellence Éducative de français (REF), l’Alliance française conseille une vingtaine d’écoles colombiennes qui enseignent le français. En 2017, le certificat “LabelFrancÉducation” a été attribué au Colegio Gimnasio de los Llanos de Yopal, et plusieurs écoles de Bogota et Medellín se trouvent actuellement en processus de demande d’accréditation. Il existe également un important accord de collaboration entre l’Alliance française, l’Ambassade de France et COLFUTURO pour permettre aux étudiants colombiens d’obtenir des bourses pour apprendre le français.

Bien que l’intérêt des écoles privées soit avéré, dans le secteur public, en particulier aux niveaux municipal et départemental – dans des écoles à Medellin, Manizales et Bucaramanga, par exemple – des programmes de coopération très encourageants ont également été mis en œuvre pour la réintroduction du français. De même, à Casanare, Chia, Cota, Cartagena, Risaralda, Quindio et dans le département de l’Atlantico, divers projets sont en cours de développement.

Au niveau de l’enseignement supérieur, l’apprentissage du français est essentiel pour les étudiants qui souhaitent suivre un programme de mobilité avec la France ou un pays étranger. Le niveau requis par la plupart des institutions universitaires est le niveau B2 du Cadre Européen Commun de Référence pour l’enseignement des langues étrangères. Peu d’universités en Colombie disposent de centres de formation linguistique adaptés à leurs projets d’internationalisation. En collaboration avec l’ICETEX, le programme bilatéral « Assistants français » permet à un peu plus d’une vingtaine d’institutions colombiennes de bénéficier chaque année de jeunes enseignants français.

L’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) est un important réseau de plus de 800 universités dans plus de 100 pays à travers le monde. Actuellement 7 universités colombiennes sont membres de l’AUF : l’Universidad Nacional, l’Universidad de los Andes, l’Universidad del Rosario, la Pontificia Universidad Javeriana, l’Universidad del Valle, l’Universidad EAN et l’Universidad Libre. Outre la promotion de la Francophonie, l’AUF est un opérateur international majeur qui finance des projets de coopération scientifique et d’amélioration de la qualité de l’éducation dans ses pays membres.

Pour son renforcement, l’apprentissage du français en Colombie requiert inévitablement un accompagnement institutionnel fort, tant au niveau national que local. Les avantages pour les jeunes Colombiens peuvent être nombreux. Ceux-ci résident notamment dans un meilleur accès à la mobilité académique internationale et dans un accès privilégié au marché du travail colombien, où plus de 200 entreprises françaises sont présentes et quelques 175 entreprises colombiennes commercent avec la France. La France est également le premier employeur étranger en Colombie.

La plupart des pays du monde sont conscients de la contribution fondamentale que les formations techniques de qualité peuvent apporter au développement de la compétitivité économique dans un environnement de travail de plus en plus technologique et qualifié. La France, qui possède une grande expertise dans ce domaine, a lancé plusieurs collaborations avec la Colombie au cours des dernières années.

En 2009, par exemple, l’accord COLPROTEC a été signé entre le Ministère colombien de l’Éducation et le Ministère français de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. À ce jour, cet accord a permis de lancer la collaboration entre le réseau français des Instituts universitaires de technologie (ADIUT) et les réseaux colombiens TTU (secteur public) et ACIET (Association Colombienne d’Institutions d’Enseignement Supérieur avec Formation Technique Professionnelle, Technologique ou Universitaire). ACIET est actuellement le réseau colombien le plus actif dans le développement des coopérations avec la France.

Les entreprises françaises et colombiennes reconnaissent l’importance stratégique de ces formations pour leur développement. C’est pourquoi les partenariats se sont renforcés ces dernières années, notamment dans le secteur rural (coopération entre le ministère français de l’Agriculture et le SENA) et dans le secteur industriel (coopération entre le ministère français de l’Éducation nationale, les entreprises françaises et le SENA).

L’implication des institutions publiques des deux pays et les alliances avec le secteur des entreprises resteront essentielles pour le succès futur de cette coopération.

La coopération universitaire franco-colombienne a connu une forte progression au cours de la dernière décennie grâce à l’accord sur la reconnaissance mutuelle des diplômes signé en 2010 entre l’Association Nationale Colombienne des Universités (ASCUN), la Conférence des présidents des universités de France (CPU), la Conférence des directeurs des écoles françaises d’Ingénieurs (CDEFI) et la Conférence des grandes écoles (CGE).

Actuellement, près de 4200 étudiants colombiens étudient en France, parmi lesquels 500 d’entre eux environ suivent des formations doctorales. La Colombie est devenue le deuxième pays d’Amérique latine à envoyer le plus d’étudiants en France. L’augmentation de la mobilité des étudiants vers la France a été possible grâce aux plus de 430 accords académiques interuniversitaires existants, dont 150 en doubles diplômes et co-tutelle de thèses doctorales. Le dynamisme des échanges universitaires s’explique par l’attractivité croissante de la France dans le secteur universitaire colombien et par la qualité des étudiants colombiens impliqués dans les mobilités. S’agissant des institutions françaises, ce dynamisme est aussi le fruit d’un travail intense de promotion de la langue française (Alliances françaises, Assistants de langue) ainsi que du dispositif général de l’enseignement supérieur (Ambassade, Campus France), qui donne une large visibilité à une offre variée de possibilités d’études et de stages en entreprise ou stages de recherche. Les formations les plus plébiscitées par les étudiants colombiens sont l’administration des entreprises, l’ingénierie et l’architecture, les arts, les lettres et langues, le droit et les sciences politiques, les sciences humaines et sociales, les sciences exactes, la médecine et l’environnement.

Les étudiants colombiens qui ont fait des études en France ont bénéficié de bourses ou de crédits colombiens (Ser Pilo Paga, Jóvenes Ingenieros, Colciencias, Colfuturo, ICETEX, Universidades) ainsi que de nombreuses aides françaises (Ambassade, EIFFEL, CNRS, Ministères et Universités). L’investissement public français pour soutenir les frais de scolarité des étudiants colombiens en France est estimé à environ 43 millions d’euros par an, ce qui confirme le rôle important de l’État dans la promotion de la mobilité académique.

À l’inverse, la croissance de la mobilité des étudiants français vers la Colombie est un phénomène récent et reste assez limité malgré le grand nombre d’accords existants. Seuls quelque 500 étudiants français étudient en Colombie, 37ème pays de destination des étudiants français, qui représentent à leur tour le 9ème contingent d’étudiants étrangers dans le pays. L’intérêt linguistique et culturel, la qualité de l’attention aux étudiants et de l’infrastructure, le suivi pédagogique, les bourses et la possibilité de stages sont quelques-uns des critères qui motivent les étudiants français.

Cependant, leur connaissance du système éducatif colombien et les possibilités d’études restent très limitées, étant donné que la France manque d’informations et de plateformes consultatives pour les mobilités universitaires vers la Colombie.

Depuis 2011, les Rencontres universitaires franco-colombiennes (CPU, CDEFI, CGE, ASCUN), qui ont lieu tous les deux ans, rassemblent les principaux acteurs des systèmes d’Enseignement supérieur des deux pays. Ils assurent le suivi des agendas bilatéraux tout en structurant et dynamisant le dialogue interinstitutionnel, à l’aune de l’évolution constante des contextes et des défis.

Ainsi, les 4èmes Rencontres Universitaires Colombo-Françaises se sont déroulées en France, à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon (INSA Lyon), dans le cadre des saisons croisées, du 3 au 5 juillet 2017. Parmi les assistants se trouvaient une importante délégation de présidents d’établissements d’enseignement supérieur des deux pays, ainsi que des représentants des ministères, d’instituts de recherche, d’entreprises et d’organismes territoriaux. Les différents débats, ateliers, réunions et présentations ont permis de dresser un bilan exhaustif des actions menées conjointement au cours des années 2015-2017 et de définir un plan de travail pour les deux prochaines années.

Les 5èmes Rencontres Universitaires Colombo-Françaises auront lieu à Medellin, du 12 au 14 juin 2019, dans le cadre des Premières assises franco-colombiennes de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, organisées par COLIFRI.

De même, une importante délégation d’universités et d’écoles d’enseignement supérieur françaises est attendue pour le 2ème Salon « Destination France », qui promeut l’enseignement supérieur en France, et qui aura lieu à Bogota, du 25 au 27 octobre 2019.

En 2017, plus de 80 colloques scientifiques franco-colombiens ont été organisés et plus de 600 coéditions ont été produites. Ces données soulignent la diversité et la richesse des projets menés par les professeurs et les chercheurs des deux pays, en quête de réponses et de solutions de plus en plus nécessaires face aux grands défis sociaux, culturels, économiques et environnementaux de notre temps. Le « boom scientifique » de l’année France-Colombie a été possible grâce au dévouement de tous les chercheurs et au soutien des institutions et des précieux sponsors. Toutefois, cette expérience a clairement montré que beaucoup reste à faire pour mener la coopération scientifique bilatérale à un niveau encore plus élevé afin d’atteindre les grands objectifs partagés par les deux pays.

La coopération scientifique franco-colombienne est très ancienne et s’inscrit traditionnellement dans les grands domaines thématiques qui couvrent les sciences humaines, notamment le droit, les sciences politiques, la philosophie, les lettres, ainsi que les sciences agronomiques. Récemment ce dernier secteur connaît une croissance dans le contexte du processus de paix colombien et de l’agenda mondial du développement durable et du changement climatique, où la France joue un rôle majeur.

Les principaux outils institutionnels dont dispose cette coopération sont les suivants :

– le programme bilatéral ECOS-Nord, cofinancé par la Colombie et la France depuis déjà 22 ans et qui a financé à ce jour 168 projets de recherche dans tous les domaines, donnant lieu à plus de 130 thèses de doctorat en cotutelle ;

– les programmes français de coopération régionale STIC AmSud, MATH AmSud et PREFALC, où la participation de la Colombie ces dernières années s’est considérablement accrue (ces programmes sont aussi associés à d’autres pays d’Amérique latine) ;

– les Laboratoires Mixtes Internationaux (LMI) ou les Groupes de recherche internationaux (GDRI). Depuis 2015, l’Université Nacional fait partie d’un GDRI sur l’anthropologie politique en Amazonie occidentale (APOCAMO), qui associe, outre la France, le Pérou et l’Équateur. L’Université de los Andes a intégré en 2018 un LMI (BIO_INCA) avec l’Institut français de Recherche pour le Développement (IRD) et la Pontificia Universidad Católica de l’Équateur. Ce LMI se consacre à des recherches sur la préservation des écosystèmes naturels et cultivés de la zone andine. En 2019, les Premières assises franco-colombiennes de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation seront aussi l’occasion pour lancer deux nouveaux laboratoires internationaux associés (LIA) entre la France et la Colombie ;

– le programme COOPOL pour favoriser l’émergence d’écosystèmes franco-colombiens de recherche et d’innovation. La première phase du programme (2015-2019) s’est appuyé sur l’écosystème Ruta N de Medellin comme seul partenaire en Colombie. Il est prévu de poursuivre et d’élargir ce programme en y associant des partenaires d’autres territoires colombiens ;

– les programmes de COLCIENCIAS, notamment ces dernières années les programmes COLOMBIE SCIENTIFIQUE, COLOMBIE BIO, ainsi que les dispositifs financiers de Colfuturo et ICETEX.

La France compte en Colombie des représentants permanents de 4 organismes de recherche :

– le CIRAD, centre de recherche agronomique pour le développement, actif dans le pays depuis 30 ans. Ce centre entretient des liens institutionnels forts avec le CIAT et la CORPOICA, ainsi qu’avec diverses universités nationales (11 chercheurs français installés en Colombie) ;

– l’IRD, qui développe depuis une vingtaine d’années des projets en Colombie sur des thématiques très proches au CIRAD et qui vient de lancer son premier laboratoire mixte international en association avec l’Université de los Andes et la PUCE (Université Pontificia Católica de l’Équateur) (4 expatriés en 2018) ;

– l’Institut français des études andines (IFEA), qui a fêté 70 ans en 2018. Basée à Lima, cette unité du CNRS couvrant 4 pays (Colombie, Pérou, Bolivie et Équateur), dispose d’une représentation permanente à l’Ambassade de France et des accords de coopération, notamment en Colombie, avec l’ICANH et l’Université Nacional. Son principal champ de recherche concerne les sciences humaines et sociales, en particulier l’archéologie, qui suscite à nouveau des grandes attentes en Colombie (projets à Chiribiquete, La Lindosa, San Agustín) ;

– enfin, l’Institut des Amériques (IDA), un réseau d’universités et de chercheurs français en sciences humaines et sociales qui dispose d’un pôle andin à Bogota dont le bureau se situe à l’Université Nacional.

Cette perspective encourageante mérite néanmoins d’être nuancé ; en effet, en dépit de la vitalité des relations bilatérales, de nombreux obstacles humains, matériels et structurels empêchent la mise en place de la coopération scientifique bilatérale au niveau ambitieux auquel tous aspirent. – te de signalerguna otra cosa ds s   que de la historia universal y como bufones de Dios, -¡tal vez, aunque ninguna otra cosa dParmi ces obstacles, il convient de signaler les suivants exemples :

– l’absence de suivi des projets et des programmes en raison des changements institutionnels successifs qui se sont traduits par des modifications constantes des partenaires, des programmes, des priorités et des ressources ;

– le manque d’informations statistiques, l’absence de répertoire franco-colombien des chercheurs ;

– le fait de ne pas disposer d’une vaste information partagée sur l’ensemble des ressources et des mécanismes nationaux, bilatéraux et internationaux à disposition de la coopération scientifique ;

– la dispersion, l’isolement et la déconnexion des projets et des chercheurs, qui communiquent très peu entre eux, même lorsqu’ils travaillent dans des domaines connexes ;

– l’utilisation limitée des quelques ressources régionales et bilatérales telles que les programmes de coopération ECOS-Nord, PREFALC, STIC et MATH AmSud, généralement accessibles à des petites équipes de recherche ;

– la faible interaction avec le secteur productif, notamment avec les plus de 200 entreprises françaises basées en Colombie et les près de 180 entreprises colombiennes qui ont des liens commerciaux avec la France.

Pour tenter de résoudre ces difficultés, l’Ambassade de France en Colombie encourage depuis fin 2017 la structuration du réseau franco-colombien de chercheurs COLIFRI. Il s’agit de rassembler les forces, de canaliser et partager toutes les informations disponibles ; de mettre en avant les acteurs de la recherche des deux pays ; d’abord, les chercheurs proprement dit et ensuite les universités et leurs laboratoires, puis les différents centres et instituts de recherche existants ; enfin les entreprises intéressées par les projets de recherche, de développement et d’innovation.

Le 20 avril 2018, l’association franco-colombienne de chercheurs COLIFRI (www.colifri.com) a été officiellement lancée à la Résidence de France à Bogotá.

Des professeurs et des chercheurs français et colombiens se sont réunis pour la première fois afin de donner vie à un réseau de recherche qui compte déjà des représentants en Colombie et à l’étranger.

L’objectif principal de l’association consiste à promouvoir et encourager les activités de recherche, de développement et d’innovation visant à renforcer des écosystèmes scientifiques et de coopération franco-colombienne. Avec ce nouveau modèle, les professeurs, les chercheurs et les institutions des deux pays pourront ainsi avoir un rôle plus prépondérant et interagir davantage pour trouver des réponses aux grands défis communs en matière de science, de technologie et d’innovation.

COLIFRI est une association autonome, qui bénéficie cependant du soutien de l’Ambassade de France et de plusieurs universités et institutions colombiennes afin d’atteindre ses principaux objectifs et organiser ses activités au profit du renforcement de la coopération scientifique bilatérale.

Dès lors, ses principaux objectifs sont :

– promouvoir la coopération entre la Colombie et la France dans tous les domaines de la connaissance ;

– développer une plateforme WEB pour diffuser toute l’information disponible sur les programmes, appels, événements, ressources financières pour les projets et les bourses de doctorat et de recherche ;

– susciter et faciliter la mobilité des chercheurs entre la Colombie et la France ;

– encourager la constitution de réseaux et de groupes de recherche bilatéraux ;

– entamer des dialogues avec les institutions des deux pays, en particulier avec les agences et instituts de recherche et d’innovation ;

– encourager la communauté des chercheurs franco-colombiens en organisant des rencontres et des manifestations scientifiques sur l’ensemble du territoire colombien ;

– créer des liens avec l’industrie et le monde des affaires afin de promouvoir des projets d’innovation et de développement ;

– capter des ressources financières pour renforcer les projets de recherche franco-colombiens ;

– enfin, conseiller et guider les politiques publiques en matière de recherche bilatérale en Colombie et en France.

La naissance de ce réseau franco-colombien de chercheurs COLIFRI est d’une grande importance pour la coopération scientifique entre la France et la Colombie. On s’attend à ce que le nombre d’adhésions à l’association continue d’augmenter significativement, aussi bien les adhésions individuelles, institutionnelles (établissements d’enseignement supérieur, des organismes et organisations de recherche) que celles des entreprises des deux pays intéressées à renforcer la coopération bilatérale par la promotion de la science et de l’innovation.

La structuration et le développement humain et matériel de l’association ont commencé dans le courant de l’année 2018. Début juin 2018, une importante délégation de COLIFRI s’est rendue à Paris et à Bruxelles. Ont participé à cette première grande mission de COLIFRI 20 représentants de l’association, dont 4 vice-présidents de recherche, un président d’université, des directeurs chargés des relations internationales et des chercheurs de l’Université Nacional, l’Université del Valle, l’Université Industrial de Santander, l’Université del Norte, l’Université Tecnológica de Pereira, l’Université Militar de Nueva Granada, l’Université Javeriana, l’Université del Externado, l’Université del Rosario et l’Université de Los Andes. La délégation franco-colombienne de chercheurs a été reçue, entre autres, au CNRS, à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), à l’Institut Pasteur, à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), à la CPU (Conférence des présidents d’universités), à la CDEFI (Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs), à  ParisTech, à l’Institut des Amériques, à l’UNESCO, dans les ambassades de Colombie à Paris et à Bruxelles, dans les Ministères français des Affaires étrangères et de l’Enseignement supérieur et à la Commission européenne.

L’association COLIFRI est actuellement structurée de deux façons complémentaires :

– Des GROUPES  RÉGIONAUX, distribués sur le territoire colombien, dont le but est de rassembler localement – en lien avec les universités locales, les institutions publiques, les alliances françaises, le secteur privé et les acteurs sociaux – tous les chercheurs intéressés par la coopération scientifique franco-colombienne.

– Des GROUPES THÉMATIQUES (changement climatique, énergies renouvelables, biosciences, philosophie, droit, paix, informatique avancée, etc.), se constituent pour favoriser l’émergence de laboratoires mixtes franco-colombiens, interuniversitaires, capables d’attirer des financements externes importants pour le développement de projets de recherche ayant un impact direct en Colombie.

L’un des groupes thématiques les plus avancés, « Changement climatique et énergies renouvelables », bénéficie en 2019 d’un important fonds du gouvernement français pour lancer un ambitieux projet de développement d’un écosystème autour des énergies renouvelables dans le département du Vichada.

COLIFRI a mis en place un modèle de collaboration qui porte ses fruits, en participant à des réunions franco-colombiennes organisées par des tiers et en organisant ses propres événements dans différentes villes de Colombie, parmi lesquels on peut retenir:

– Séminaire international du CIRAD sur  « Politiques publiques et développement rural en Amérique latine » : 5-9 septembre 2018, à Palmira (CIAT) ;

 

– Semaine de l’ingénierie française en Colombie (ACOFI) : 17-21 septembre 2018 (Bogota et Cartagena) – Participation des institutions, grandes universités et entreprises françaises ;

 

– Conférence franco-allemande sur la responsabilité sociale des Entreprises – 1er octobre 2018 à Bogota ;

 

– 1ère Rencontre sur la recherche en enseignement du français (Universidad de la Sabana) : 4 octobre 2018 – Universidad de la Sabana à Bogota ;

 

– VIe Congrès colombien des étudiants en philosophie (UNIVALLE) : 3-5 octobre 2018 à Cali (Universidad del Valle) ;

 

– VIIème  Rencontre T&T : Technologues face aux défis de l’innovation technologique (ACIET) (France, pays invité) – Réseaux ACIET et ADIUT – Bucaramanga, Bogota, Cali, Medellin et Cartagena – 16 au 27 octobre 2018 ;

 

– Rencontre régionale STIC et MATH AmSud (COLCIENCIAS – Coopération régionale française) : 6-8 novembre 2018 (Bucaramanga) ;

 

– Rencontre régionale pour la structuration d’un réseau en Biosciences (Coopération régionale française, Institut Pasteur), Montevideo, 3-4 décembre 2018 ;

 

– 2ème Rencontre de chercheurs Colombie-France (COLIFRI) : 11 décembre 2018, EAFIT, Medellin ;

 

– Colloque « Actions franco-colombiennes face au changement climatique » à Bucaramanga (Universités de Bucaramanga, Alliance française, Ambassade, Colifri), 9 mai 2019 ;

 

– PREMIÈRES ASSISES FRANCO-COLOMBIENNES DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION : 12-14 juin 2019, EAFIT, Medellin.

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